Pouce vert

Durant l’année scolaire 2019-2020, *Imagine produit une dizaine d’émissions de radio qui sont diffusées sur RCF-Limousin dans le cadre de sa chronique hebdomadaire : Faire autrement pour la planète.

Le nom qui a été trouvé pour ces rendez-vous est Pouce vert, un joli nom qui suggère des choses variées.

Pouce ! Stop ! Le pape François, dans l’encyclique Laudato si’, invite souvent à la réflexion, au dialogue. Avec Pouce vert, nous prenons le temps, quelques minutes, pour nous poser, ou nous pauser, nous mettre au vert, nous rencontrer, nous écouter, dialoguer.

Pousse verte avait compris quelqu’un. Et oui, À travers ces émissions nous découvrons ce qui va dans le sens de l’encyclique Laudato si’ et qui lève en terre limousine, terre féconde en initiatives écologiques. Une forêt qui pousse fait moins de bruit qu’un arbre qui tombe dit-on. Pouce vert va à la rencontre de ces jeunes pousses.

Pouce vert, c’est un encouragement pour ces lieux visités qui expérimentent la vie autrement, comme on met un like, un thumbup sur internet aux choses qui nous plaisent.

On pourrait entendre aussi Pousse vers. En effet chaque émission est une invitation à chacun à aller de l’avant, un coup de pouce pour faire ces petits pas nombreux et variés, indispensables à la conversion écologique. Il est temps d’aller de l’avant ! Il est temps de quitter notre confort matériel ou intellectuel, pour aller vers la vie.

Enfin Pouce vert, c’est la qualité du bon jardinier. Il faut cultiver notre jardin. disait Candide. Cette maxime de sagesse, *Imagine veut la faire sienne. C’est en étant terrien, les pieds sur terre, que nous éviterons les erreurs de notre temps et que nous trouverons la sérénité.

La carte ci-dessous montre les lieux déjà visités, les personnes rencontrées et les émissions déjà diffusées.


Servigne & Chapelle, l’Entraide

Depuis deux siècles, en Occident, s’est développée l’idée que l’homme est un loup pour l’homme et qu’il en est ainsi de toute société humaine, et même de toute la création : la célèbre supposée loi de la jungle. La nature serait-elle un immense entre-dévorement impitoyable, selon l’expression de Bakounine et de Mauriac ? Ainsi fut justifiée l’économie libérale, et ceux qui voient le monde autrement furent taxés de naïfs vivants dans un univers de bisounours.

Mais on s’est trompé ou on nous a trompé. La nature est fraternelle et les hommes savent fraterniser, l’expérience le montre. Depuis quelques milliards d’années que la vie existe, les relations d’entraide sont au moins aussi nombreuses que celles de lutte dans la nature. Et, contrairement aux idées reçues, lors de catastrophe ça n’est pas le chacun pour soi qui l’emporte

Dans cet univers de coopération, d’assistance, l’être vivant le plus relationnel, le plus empathique, c’est l’humain. Sa venue au monde, comme être inachevé, totalement dépendant de se parents, du clan, de la société, a inscrit l’empathie dans les gènes de l’espèce, dans la culture.

Il y a huit siècles déjà, à Assise, François célébrait cela : la fraternité dans la Création.

Servigne Pablo et Chapelle Gauthier, L’entraide: l’autre loi de la jungle, Paris, Les Liens qui Libèrent, 2017, 381 p. ISBN 979-10-209-0440-9

Henry David Thoreau – WALDEN ou la vie dans les bois

Henry David Thoreau – WALDEN ou la vie dans les bois

Cet été, je suis allée à pied, de Limoges à Saint Jacques de Compostelle. Ma pérégrination a été accompagnée par la lecture de Walden, de H D Thoreau, et je trouve intéressant d’en partager la philosophie en quelques lignes sur le site d’Imagine.

Henry David Thoreau – WALDEN ou la vie dans les boisHD Thoreau (1817–1862) est un philosophe américain original, qui met en actes ses convictions : c’est ainsi par exemple, qu’il sera brièvement emprisonné parce qu’il refuse de payer ses impôts ; il prône ce qui deviendra la désobéissance civile et influencera bien avant le Mahatma Gandhi, Martin Luther King ou Lanza del Vasto, des générations de citoyens. Dans l’ouvrage Walden paru en 1854, qui se situe à mi-chemin entre les genres que sont le roman, l’essai et la biographie, Thoreau raconte, à partir des notes nombreuses de son journal, comment il vit la simplicité volontaire : une idée qui fera son chemin et annonce celle de sobriété heureuse portée par notre contemporain Pierre Rhabi.

D’abord, Thoreau évoque le cadre de son expérience d’immersion dans la nature, à l’étang de Walden, près de Concord au Canada, et développe à travers son écrit, ce qu’on appellerait aujourd’hui, une observation participante fine qu’il exprime souvent avec force traits poétiques, ce que lui permet sa grande érudition.

Thoreau aborde, par le biais de son expérience de vie, des thématiques variées : les formes de sociabilité avec les règnes de la nature, les saisons et les personnes de son environnement ; l’argent, le travail et les perspectives d’une économie domestique harmonieuse ; le rapport du corps dans l’habitat; les modes de production (ses cultures) et de consommation (leur usage), dans un monde qui fait naître l’industrialisation ; le rapport à la matérialité des choses, au temps et au transport (grand développement sur le train) ; la construction d’une pensée personnelle spiritualiste et d’un bagage culturel ; la détermination, voire la résistance politiques.

Thoreau le philosophe discute ; aucun positionnement ne va de soi et tout est propre à l’argumentation. Mais la déconstruction, comme on dit aujourd’hui est toujours suivie de pistes possibles d’élaboration. Ses positions sont exigeantes et ne font jamais le lit de la facilité : en effet, simplicité et facilité ne vont pas de pair.

Toutes ces idées sont rédigées dans une langue traduite soixante-dix ans après l’édition anglaise de 1854, par Louis Fabulet, dans un français du XIXe siècle, littéraire délicat et soigné.

J’ai présenté en introduction le contexte de ma lecture, lors d’une pérégrination longue : La forme de l’écriture, organisée en chapitres comme les tranches d’un gâteau qu’on dégusterait les unes après les autres, était tout à fait adaptée à mes rythmes de progression sur le Camino del Norte.

La dimension nomade de ma propre expérience m’empêchait de me charger outre-mesure. Elle était en symbiose avec le propos de Thoreau, et sa réflexion sur les besoins et la nécessité matérielle. Selon lui, la simplicité comme principe de vie est transcendée et peut devenir source de richesses multiples (spirituelles, humaines, naturalistes, culturelles, etc…).

Cet ouvrage est un classique. S’il a influencé bon nombre de penseurs et d’acteurs citoyens, les décennies passées, on peut toujours le lire, pour interroger et tâcher de comprendre les dynamiques à l’œuvre, dans les soubresauts du monde d’aujourd’hui.

Thoreau Henry David, Walden ou La vie dans les bois, traduit par Louis Fabulet, Paris, Albin Michel, 2017, [Walden, or, Life in the Woods, 1854], 448 p. ISBN 978-2-226-32688-1.

La Trinité comme une danse

Icône de la Trinité de Roublev

On connaît bien l’icône de la Trinité écrite par le moine Andreï Roublev (on ne peint pas une icône, on l’écrit). Le génie de l’artiste est d’être parti de la représentation de la vision d’Abraham à Mambré (Gn 18) pour évoquer la divinité. On ne représente pas Dieu, on l’évoque seulement, et dans le cas de l’icône, par les inversions de perspectives, les proportions codifiées, les couleurs symboliques, le fond d’or… Dans l’icône de l’Hospitalité d’Abraham, la rencontre du Père des croyants et de ses hôtes auxquels il s’adresse indifféremment au singulier et au pluriel, est le lieu de la méditation, de la mise en présence au mystère trinitaire.

Superbe icône, consacrée plus d’un siècle après comme canon, modèle de ce qu’il faut écrire, elle permet d’aborder l’un mystères centraux des Chrétiens avec moins d’aridité qu’un traité dogmatique.

Mais contempler pendant des heures l’icône dépasse les capacités des enfants, et pas seulement les enfants… « Au bout d’un moment, ça doit être ennuyeux de contempler Dieu. » me disait l’une. « L’éternité, c’est long, surtout vers la fin ! » disait l’humoriste. Il est vrai que, aussi belle soit elle, l’icône est statique et l’idée d’éternité qu’elle évoque peut provoquer la lassitude, le désintérêt.

Alors, comment parler de Trinité à des enfants, à des jeunes sans immobilisme ? En bougeant, en faisant percevoir que le rythme et la vie vont de pair, en dansant.

Une danse que j’avais apprise autrefois, la Cochinchine, nécessite trois danseurs, souvent un homme et deux femmes… Nonobstant la question de parité qui ne sera jamais équilibrée avec un nombre impaire de participant, cette danse est intéressante pour aborder le mystère divin. Une partie de celle-ci est une ronde assez classique tournée vers l’intérieur. Le second temps commence par un mouvement qui fait passer un des partenaires sous les mains jointes des deux autres. Tous se retrouvent alors tournés vers l’extérieur du cercle. Ce temps se finit par le mouvement inverse : l’un des partenaires, en passant sous les bras des deux autres ramène le cercle vers l’intérieur.

La Cochinchine avec les jeunes de Cambrai

À Brive, les enfants ont tout de suite accroché. Ils ont voulu entrer eux-aussi dans la danse qui est devenue rapidement une ronde gigantesque. Et si ces enfants avaient tout compris ? Si la Trinité était cette invitation à entrer dans la danse divine ? Si toute la Création était invitée à cette danse, Périchorèse des chrétiens orientaux, ou circumincessio de saint Bonaventure ?

Bien le bonjour !

*Imagine se dote d’un nouveau site internet.

L’écologie, plus que jamais, est d’actualité. Partageons cette actualité en en devenant acteurs, commentateurs.

L’idée, à travers ce site, est de pouvoir donner des nouvelles, informer des actions à venir, rendre compte des réalisations, partager des réflexions sur l’écologie, la société…

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